En croisière...
Au couchant boréal, sur le pont d’un navire
Déserté des humains au soleil de minuit,
L’océan du grand Nord va, pour sa courte nuit
Bercer les fauteuils blancs qui, désoeuvrés, se mirent.
Ils sont seuls, désormais. L’on dirait qu’ils admirent,
Penchés sur le côté, un rien snobs : l’infini.
Et dans l’immensité au goût de paradis,
Qui pourrait en douter… ? les anges vont en rire.
Mais ne dirait-on pas qu’en ordre maladroit
Ils s’apprêtent, en fait, à célébrer leur foi,
Comme s’ils s’invitaient à soulager les peines
Des âmes des marins disparus autrefois
De n’avoir résisté, dans la brume et le froid,
A l’appel envoûtant du doux chant des sirènes.
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Roger Louret
Sur une photo de Philippe Candelon (Mer Baltique – Saint-Pétersbourg – Juin 2002)
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