Quand le sang des Stuarts…
J’étais seul dans la rue. Je badais les badauds.
Venu d’un beau pays où « fantôment » les brumes,
Sans craindre, en plein hiver, de choper un bon rhume,
Poing fermé, décidé, se promène un costaud.
Vert de rage, un pas lourd, pas très bien dans sa peau,
Il affronte, obstiné, les ombres du bitume.
Sa tenue traduit bien la profonde amertume
Du ténébreux amant laissé sur le carreau.
Il faut le coeur brisé ou traité à la dupe
Pour aller, esseulé, jusqu’à sortir en jupe.
Je ne me moque pas. J’imagine, c’est tout.
Je joue à cœur ému, mon humeur en balance.
Quand le sang des Stuart foule le sol de France,
C’est un peu de Marie qui revient parmi nous.
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Roger Louret
Sur une photo de Philippe Candelon (Paris - Match France-Ecosse - Mars 2003)
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